08 juin 2020

 

SPLENDEURS ET MISÈRES DE LA VIE MUSICALE

DANS LA VILLE DE BALZAC

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vives tensions entre Benjamin Pionnier et les musiciens de l'Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Grand-Théâtre de Tours était un opéra plutôt discret avant l’arrivée à sa tête de Jean-Yves Ossonce, qui a su le hisser au premier rang des scènes hexagonales en permettant à l’ochestre d’atteindre une qualité qu’on ne lui avait jusqu’alors jamais connue. Suite à la démission surprise de Jean-Yves Ossonce en 2015, Benjamin Pionnier est arrivé, d’abord pour assurer un intérim, avant d’être conforté par la mairie dans sa double fonction de directeur de l’institution et de directeur musical. L’Opéra de Tours semblait alors poursuivre sa route plutôt sereinement, profitant de sa belle réputation et de l'impulsion qu’avait su lui donner Jean-Yves Ossonce… Les dernières saisons ont été habilement agencées et le directeur a fait régulièrement des choix courageux en programmant des oeuvres rares (Les Fées du Rhin d'Offenbach) ou rarement montées en province (Rusalka). Cette saison encore auraient dû être jouées deux raretés : Powder her face de Thomas Adès et Giovanna d'Arco de Verdi (spectacles annulés en raison du Coronavirus). Première Loge a par ailleurs plusieurs fois eu l'occasion d'apprécier la qualité des specacles proposés par le théâtre tourangeau.

 

Pourtant, cette sérénité n’était que de façade : à plusieurs reprises, avant les spectacles donnés au cours de cette saison 2019-2021, les musiciens ont distribué au public pénétrant dans le Grand-Théâtre des tracts faisant état de leur profond malaise, et la presse régionale s’est fait très régulièrement l’écho d’une crise réelle et d’un désamour  profond entre le chef et les musiciens (1).

 

Le collectif qui représente les musiciens a notamment déploré, lors de cette saison, la déprogrammation de plusieurs concerts. Et la lecture de la nouvelle convention pluriannuelle a soulevé d’autres inquiétudes, notamment parce qu’elle ne prévoyait plus que 4 opéras au lieu des 6 habituellement proposés chaque saison. Les musiciens déplorent également une diminution des répétitions, qui selon eux engendre un stress non négligeable lors des représentations. Sans parler des conséquences sur la rémunartaion des musiciens, lesquels ne sont pas salariés mais payés au concert. Les subventions n’ayant pourtant pas baissé, les musiciens se sont alors demandé où allait l’argent…

 

Le collectif a consulté l’ensemble des musiciens et affirme que plus de 90% d’entre eux sont mécontents de leur travail avec le chef. Il met également en doute l’exactitude des informations que celui-ci  a publiées dans sa biographie mise en ligne – ce que conteste formellement Benjamin Pionnier.

 

 Le directeur est également accusé de harcèlement moral et a fait l'objet de plaintes reçues par la médecine du travail, dont l'une a aussi été déposée auprès du procureur de la République de Tours.

 

La mairie a maintes fois réaffirmé sa pleine confiance envers Benjamin Pionnier. Celui-ci peut également compter sur le soutien d'artistes, metteurs en scène, chanteurs, musiciens d'orchestre affirmant avoir toujours travaillé sous sa direction dans de bonnes conditions.

 

Le poste de Benjamin Pionnier devrait être renouvelé tacitement le 16 juin prochain. Mais on voit mal comment le chef pourrait continuer de travailler avec les musiciens dans des conditions aussi exécrables. La nouvelle saison de l’Opéra de Tours n’a aujourd’hui toujours pas été publiée…

 

Stéphane Lelièvre

 

(1) Voir La Nouvelle République des 4 mars et 28 avril 2020, dont nous tirons plusieurs des informations publiées dans cet article.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                             

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© Christian Dresse

© Marc Ginot

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