DÉCHIRANTE MÉDITERRANÉE

 

Mediterraneo aux Concerts d'automne de Tours

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Crédit photos : Rémi Angeli

 

 

Concert du jeudi 09 octobre 2020, Concerts d'automne, Opéra de Tours

 

PROGRAMME

Lucas R. de Ribayaz • Xacara por primo tono (instrumentale)

Joan Manuel Serrat • De vez en Cuando La vida (arrangement Quito Gato)

Francisco Valls • Esta vez Cupidillo

Joan Manuel Serrat • Pare (arrangement Quito Gato)

Joan Manuel Serrat • Romance de Curro el Palmo (arrangement Quito Gato)

Federico Mompou • Musica Callada (instrumentale – pièce pour harpe seule)

Joan Baptista Cabanilles • Mortales que Amais

Joan Manuel Serrat • La canço dell ladre (arrangement Quito Gato)

José Marin • Ojos pues me desdeñáis

Mateo Flecha, el viejo • La Bomba

Joan Manuel Serrat • La preso de Lleida (arrangement Quito Gato)

Mateo Romero • Romerico florido

Joan Manuel Serrat • Aquellas pequeñas cosas (arrangement Quito Gato)                                 

Joan Manuel Serrat • Mediterraneo (arrangement Quito Gato)

 

DISTRIBUTION

Cappella Mediterranea 

 

Maria Hinojosa, Mariana Flores  sopranos

Leandro Marziotte   alto

Pierre Antoine Chaumien   ténor

Hugo Oliveira   basse

Amandine Solano, Sue-Ying Koang   violon

Rodrigo Calveyra   flûte et cornet

Margaux Blanchard   viole de gambe

Diana Vinagre   violoncelle

Eric Mathot   contrebasse

Quito Gato   guitares, théorbe et percussions

Marie Bournisien   harpe   espagnole

Leonardo García Alarcón   épinette, orgue et direction

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme Leonardo Garcia Alarcon l’expliquait depuis ses claviers, avec les mots chaleureux qu’on lui connait, c’est bien un voyage sans frontière auquel nous étions convié. Conçu en hommage à Joan Manuel Serrat, il mélangeait musiques du siècle d’or espagnol et partitions d’un compositeur cher au coeur du chef argentin. L’intitulé du spectacle, Mediterraneo, est donc à triple sens, à la fois titre du plus célèbre disque du chanteur, clin d’oeil au nom de l’ensemble placé sous les auspices de Serrat et regard tourné vers cette mer toujours recommencée.

 

Né en 1943, compositeur espagnol contemporain, particulièrement célèbre en Argentine, dès les années 1960 Serrat refusait les dictatures de Franco comme celles d’Amérique du Sud. Est-ce le reflet de cette chape de plomb des oppressions qui distille un parfum de profonde mélancolie, ou bien une réflexion sur les douleurs de la vie et de l’amour ?

Miroir de styles que sait si bien refléter l’arrangement musical subtil et coloré des chansons de Serrat par Quito Gatto, le guitariste-luthiste du groupe, le programme est proposé comme une alléchante salade composée, faisant alterner deux chansons anonymes catalanes, des oeuvres de Lucas de Ribayas, Fransisco Valls, Joan Cabanilles ou Mateo Flecha.

 

Neuf instrumentistes et cinq chanteurs pour un programme généreux d’une heure trois-quart sans entracte où ce furent les deux sopranos qui se taillèrent la part des lionnes.

L’apparition de Mariana Florès fit sensation. Il faut dire que sa présence en robe fourreau lamée violette illuminait la scène. Elle impressionnait par sa présence magnétique, sensuelle, sa gestique dramatique habitée, son incarnation des partitions. Par son interprétation, les contrastes de sa voix, ses pianissimi impalpables, Maria Hinojosa n’était pas en reste.

Les ensaladas de Flecha furent de fait le plat de résistance du concert. Introduites par quelques mots plein d’humour du chef, disant que ce manuscrit espagnol fut logiquement retrouvé… à Prague et que les musiciens eux-mêmes avaient quelque difficulté à ne pas se perdre dans ce grand pot-pourri musical - ce que l’interprétation ébouriffante contredisait immédiatement.

 

Le second bis résuma la soirée : dans Alfonsina y el mar, hommage dépouillé, murmuré, à la poétesse argentine Alfonsina Storni Martignoni que Quito Gatto accompagnait avec finesse, Marianna Florès bouleversante déchainait l’enthousiasme et la gratitude pour cet hymne à la vie. Déchirante Méditerranée.

 

Marc Dumont

 

 

L’essentiel de ce programme se retrouve sur un disque enregistré par l’ensemble en 2017 :
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour le premier des deux week-ends de ces Concerts d’automne tourangeaux, c’est à l’Opéra de Tours que la Méditerranée déployait ses atours musicaux dans quelques plats colorés et pleins de surprises dont la Capella Mediterranea régalait un public heureux d’être là et venu en  nombre (dans le respect de etc…).